Historique du R. Dolhain F.C.

Les premières années du Dolhain F.C.

Nous étions en 1898. VERVIERS (matricule n°8) cherchait des adversaires. Il devait sa naissance à un ingénieur anglais travaillant à l'ILE ADAM... Le textile verviétois et le textile dolhaintois étaient frères. Quelques amis s'unirent à DOLHAIN et nous héritâmes du matricule 9 ; juste devant l'Union St-Gilloise. Le DOLHAIN FOOTBALL CLUB était né, avec, à sa tête, un président enthousiaste: René JONCKER.

Le premier comité se présentait comme suit:
Président, René JONCKER
Secrétaire: Emile DEGROS
Trésorier: Jean ROUFOSSE
Commissaires: Oscar LOVENS et Jean TALMAS.

Dès 1899, René JONCKER sera remplacé, à la présidence, par Emile COLLETTE. Lui-même devient président d'honneur et le restera longtemps. Au secrétariat, Emile DEGROS est remplacé par Armand HENDRICK.
Les premiers clubs «voisins», à nous rejoindre, dans un football «explosif» furent THEUX (14), qui allait s'avérer un adversaire de toujours, avec, comme nous, des hauts et des bas, des jours heureux et d'autres plus sombres, ensuite HERVE (32), la S.R.U. (34), SPA (60), DISON (63), HODIMONT (89), STAVELOT (126), MALMUNDARIA (188), etc...

Nous ne possédons malheureusement pas les classements d'avant la guerre de 1914/18. Notre équipe s'alignait en «juniors», cette catégorie n'ayant rien à voir avec l'âge... La tactique restait la même, avec une disposition en 1-2-3-5.
Dolhain avait son terrain à l'emplacement de l'ancienne filature CABAY (actuellement dépôt communal et caserne de pompier). Un magnifique hêtre trônait au milieu du terrain, «objet étranger» toléré...
Le terrain suivant se situa derrière le château PELZER, à l'emplacement approximatif du terrain de CORMAN SPORTS.
Du point de vue «sportif», nous relevons un match joué à DOLHAIN contre TILLEUR en 1907... Les visiteurs avaient joué si méchamment, après un but d'ouverture de DOLHAIN, que les nôtres, plus légers, avaient préféré «se laisser» battre... sous les yeux complaisants d'un arbitre trop tolérant... Ceci donna lieu à une lettre du COMITE au Comité Provincial. Nous y relevons que de nombreux parents avaient décidé de ne plus laisser leurs enfants jouer football... si une solution n'était pas trouvée «à ce jeu brutal et dangereux».
En 1908, DOLHAIN fut champion d'une «division III» en battant notamment le C.S. VERVIERS chez lui.
En 1908, après que le président eut assuré la correspondance, nous trouvons, au secrétariat, Alfred HENDRICK, remplacé peu après par Albert HENDRICK... Dans le comité de 1909, nous voyons apparaître comme vice-président: Jean TALMAS, comme secrétaire-adjoint: Thomas BODSON.
En 1911, Jean T ALMAS remplace Emile COLLETTE à la présidence et Lambert FOURIR apparaît comme secrétaire-adjoint.
Du point de vue financier, relevons le bilan de la première saison 1898/99 : 168,55 F en recettes et 149,47 F en dépenses.
En 1901/02, nous passons à 778,21 F en recettes et 778,21 F en dépenses.
En 1908/09, nous en sommes à 752,87 F en recettes et 643,84 F en dépenses. La «grosse» dépense était la location de la prairie: 10 F/mois au début et bientôt 16,25 F/mois... Le ballon coûte entre 12 et 15 F.
La trésorerie est bien tenue et jamais en déficit. Les joueurs supportent tous les frais.
Vient la guerre, et son bouleversement.
Lambert FOURIR cumule pratiquement toutes les fonctions et maintient le club en vie, club concurrencé, sur le plan local par le «STADE WALLON», un nouveau venu. Pour l'histoire, j'ai relevé la recette d'un match DOLHAIN - DISON en 1916: 57 entrées à 0,20 F = 11,40 F... de recette totale.
En 1911, le comité se présente comme suit: Président: Thomas BODSON (qui le restera jusqu'en 1937), Secrétaire: Lambert FOURIR (qui le restera jusqu'en 1961), Vice-président: Gustave COLLIGNON, Trésorier: Emile BOURDON.

Le Sporting battu

Sur le plan national, durant la saison 1921/22, il n'y a encore qu'une division 1 et une promotion... Une deuxième promotion est créée pour la saison suivante, et nous allons vivre une saison capitale pour la vie du club: 22/23.
En effet, notre effectif «joueurs» s'est augmenté de plusieurs éléments hérités du STADE WALLON, dissous, les frères TALMAS, notamment. Nous avions des ambitions. Les matches se jouaient alors à l'emplacement actuel de la Cité CARLIER... Le propriétaire signifia au club qu'il ne disposerait plus du terrain au printemps 1923... Il fallait agir. Un groupe se forma, sous la présidence de Nicolas LAURENCY. Ce fut, en 1922, la naissance de la société coopérative DOLHAIN F.C., et l'achat du terrain de la BEVERIE...
Une partie du capital nécessaire fut avancé par la banque DREZE, sans hypothèque du terrain acheté, moyennant un intérêt minime, avec comme seule garantie la parole de Messieurs Lambert FOURIR et Jean WINTGENS.

Une coopérative a en général deux buts:
1. Faire fructifier et entretenir le patrimoine lui confié;
2. rémunérer le capital de ses membres.
A ce propos, aucun intérêt ni bénéfice n'a plus été distribué depuis 1931, et personne ne s'en plaint.
Le terrain acheté en 1922 est toujours celui où nos équipes se produisent. Au départ, les installations se limitaient au mur de la route, une palissade en tôle le long de l'actuelle plaine de jeux, vestiaires et une petite douche pour l'arbitre; la clôture de l'aire de jeu était formée de piquets de béton et d'une balustrade en bois.
Voici planté le décor de notre première saison en promotion, car...
Lorsque Nicolas LAURENCY, Henri CABAY, Alfred PASCHAL, Thomas
BODSON, Emile BOURDON, Emile LENTZEN et Paul NIEBES signèrent l'acte d'achat, ils ne savaient pas encore que la saison en cours allait être triomphale. La décision se joua pratiquement au terrain de THEUX, le 4 mars 1923.
Dans un bourbier réellement tuant, nos vaillants dolhaintois l'emportèrent par un terrible 0-6...
Au printemps, nos amis du PANORAMA nous prêtèrent leur terrain pour le dernier match contre FLERON... Gagné. C'était la promotion.
Cette promotion A se composait de 14 équipes et ANDERLECHT en fut le vainqueur final, émergeant avec 46 points gagnés et 6 points perdus, dont un échec retentissant... à Dolhain.
Ce jour-là, deux mille supporters du Sp. ANDERLECHT s'étaient déplacés à la Bèverie, ultra confiants dans le succès de leurs favoris... Mais DOLHAIN ne l'entendit pas de cette oreille. Bien que légèrement dominé, il inquiéta CAUDRON (keeper national) à plusieurs reprises... C'est ainsi que le petit Clément TALMAS déboula comme un zèbre, et, d'un shoot extraordinaire de puissance et de précision, battit un CAUDRON médusé 1-0, résultat final qui fait date dans l'histoire du vieux matricule 9. Celui-ci termina la saison en 5ème position.

Le croque-mort fut Dolhaintois

Il fut moins heureux l'année suivante, terminant la saison en 10ème position, avec un exploit merveilleux à son actif.
Notre voisin, le C.S. VERVIERS, était en tête lorsque DOLHAIN lui rendit visite. Nous traînions assez loin.
Le jour du match, les supporters verviétois promenèrent, dans les rues de VERVIERS, un cercueil aux couleurs dolhaintoises...
L'après-midi, à la mi-temps, le score restait vierge... Dans les tribunes, les supporters locaux se gaussaient du «fameux» LENZEN, le talentueux centre-avant dolhaintois! La réplique arriva, très vite. Dès la remise en jeu, Armand LENZEN s'empara du cuir, dribla tout son monde, y compris le keeper, et déposa gentiment le ballon au fond des filets adverses... Le 0-1 fut maintenu jusqu'à la fin... Comme quoi il est toujours présomptueux de vendre la peau de l'ours... surtout s'il est bleu et noir!
Dolhain termina 11ème en 1926, 10ème en 1927, et enfin, dernier en 1928
(en promotion C). Il chutait après un stage de cinq ans en divisions supérieures.
Notre vaillant matricule resta trois saisons en provinciale avant de remporter le championnat de cette division liégeoise en 1931/32.

La remontée

Durant la saison 32/33, il officia en promotion D et termina à la 8ème place, derrière MILMORT et devant SAINT-TROND, mais il avait fallu se battre jusqu'à la fin, avec, à la clef, un déplacement à TONGRES où il fallait vaincre pour conserver sa place à l'échelon national. J'assistais à ce match.
Marcel PARENT défendit ses filets avec panache, et nous l'emportâmes par 1-3 (1 but de Clément TALMAS et 2 de Pierre GABRIEL, notre buteur attitré).
Les supporters dolhaintois durent se garer des pierres lancées par les Tongrois désappointés.
L'échéance n'avait été retardée que d'un an. Fin de saison 33/34, nous terminions à la 12ème place (sur 14) et replongions en provinciale... pour n'en ressortir qu'en 1967!
Quelle belle équipe pourtant que celle formée de joueurs comme Marcel PARENT, les frères TALMAS, les frères MOMMER, J. MULLKENS, J. PROPS, P. GABRIEL; MERTENS, Jos. FISCHER, Jos. GOFFINET, etc... sans parler d'une équipe «juniors» championne de sa catégorie, formée de Jules PARENT, A. DARDINNE, Alph. KERSTEN, Roger CORMAN, Jos. LEONARD, A. CRUTZEN, A. LEMARCHAND, Jac. ENGLEBERT, Georges POLIS, Henri FISCHER, Alfred JANSSEN, etc... Car on avait rappelé le fameux entraîneur GRISARD (qui entraîna le STANDARD de LIEGE). Il avait inculqué à nos joueurs le culte du beau jeu... Ce fut une merveilleuse école... avec tous élèves dolhaintois... car les transferts étaient quasi-inconnus, et l'argent n'entrait pas en ligne de compte dans le sport.

La période noire

Les premiers départs étaient enregistrés... Marcel PARENT s'en allait défendre les filets de SCLESSIN. Le puissant défenseur Jos. COFFINET allait à FLERON et la pépinière dolhaintoise continuait à produire d'excellents footballeurs... parmi ceux-ci, Roger CORMAN s'affirmait déjà comme un solide espoir. Il avait joué en promotion à 17 ans. Un stupide accident interrompit sa carrière. Alors qu'il venait assister au match de «réserves» DOLHAIN - HERSTTAL, il compléta l'équipe et fut victime d'une fracture de jambe... Il ne joua plus jamais, mais, plus malheureux encore, resta handicapé jusqu'à la fin de ses jours. Autre accident malheureux: lors d'un match de «réserves» également, Joseph SERPE fut victime d'une fracture du crâne (choc de deux têtes lors d'une remise en jeu). C'était contre LA CALAMINE. Il fut trépané et ne joua plus.
En 1937, Jean KUPPER, centre-avant rapide et précis, rejoignit Marcel PARENT au STANDARD après avoir inscrit, pour nous, un nombre de buts incalculables. Durant cette même saison 36/37, je fus témoin, au Mamelon Vert d'une fracture de jambe de Franz MOMMER... et du déclenchement d'une «pile» infligée à ANDRIMONT par un «dix» rageur.
En ce temps-là (quelle aubaine pour le spectateur!) les scores atteignaient des amplitudes merveilleuses. C'était à qui marquerait plus de goals que l'adversaire. Un souvenir personnel servira d'exemple. Au printemps 1937, DOLHAIN était rassuré sur son sort: il resterait en 1ère provinciale. Ceci me valut d'être «essayé» en première, contre JEMEPPE (à Dolhain). Nous l'avons emporté par 9-2... Le dimanche précédent, DOLHAIN avait été vaincre CHAUDFONTAINE 6-9. N'est-ce pas évocateur? Et Jean KUPPER avait inscrit une bonne douzaine de buts en 2 matches. A SPA, le dimanche suivant, je fus gravement blessé. Ce furent les deux seuls matches disputés «avec» Jean KUPPER. J'eus l'occasion, plus tard, avec l'équipe de l'Université de Liège, d'être son adversaire direct dans un match disputé au Panorama, où il était revenu, après un stage au STANDARD... Ce qu'il pouvait être rapide! (1942).
Durant les années précédant immédiatement l'invasion allemande, DOLHAIN se maintint en 1ère provinciale.
Signalons en passant que notre terrain avait été doté d'une tribune en 1926, et, en 1938, pour le 40ème anniversaire, une petite buvette «ouverte» avait été installée. Ce 40ème fut dignement fêté. Tandis que DOLHAIN jouait contre BRESSOUX, nous avons pu voir s'affronter le STANDARD de LIEGE et le WITTE STAR. Jean CAPPELLE emmena ses équipiers à la victoire (3-1).

La Guerre

La mobilisation apporta des bouleversements. La guerre en emmena de plus graves. Certains joueurs furent emmenés dans les stalags nazis... Quelques-uns y laissèrent leur vie.
La saison 1940/41 se résuma à un court championnat régional, sans enjeu.
Mais le championnat de 1ère provinciale redémarra dès la saison 1941/1942, et il mérite d'être signalé.
Au milieu du championnat, alors que le terrain était fortement enneigé, nous recevions QUEUE-DU-BOIS. L'arbitre décréta, d'abord, la remise du match. Après discussion, et alors que deux ou trois joueurs dolhaintois étaient déjà repartis, sur l'insistance des visiteurs, venus en camion à gazogène, le match eut lieu, parce que l'on pensait qu'il n'avait pas d'importance: les deux équipes étaient à l'aise, au milieu du classement.. Le score final donna un partage: 3-3; les 3 buts étaient inscrits par Joseph BECHET, qui jouait au demi. Et puis, tout devint facile. C'était déjà l'époque de Franz CARLIER remarquable d'aisance. Nous avons remporté tous les matches restants et rejoint AYWAILLE, à la deuxième place montante. Il fallait un test-match. II eut lieu à CHAUDFONTAINE et fut épique.
Deux grands centre-avants s'affrontaient: Pol DECHAMPS à AYWAILLE et Franz CARLIER chez nous. A 10 minutes du terme, le score était de 1-1.
Un pénalty nous échut. Franz n'en avait jamais loupé aucun... Il le botta à côté et Pol DECHAMPS profita de ce coup de massue pour inscrire deux buts. L'espoir de la promotion s'envolait.
Fin de saison, et pour des raisons «humanitaires» (lui éviter la WERBESTELIE) Franz CARLIER s'en alla à Fléron sous la garantie que l'entrepreneur BLOEM (père du gardien des canaris) éviterait la déportation au jeune dolhaintois.
Durant la guerre, signalons encore que, lors d'un championnat «régional» Dolhain renvoya TIEGE battu sur le score inusité de 32-0, record absolu de notre histoire, et il faut signaler que les visiteurs s'alignaient au-complet.
Lors du passage des armées américaines, le terrain fut saccagé, si bien que nos équipes durent jouer une saison dans une prairie de BILSTAIN. La remise en état de notre pelouse exigea d'ailleurs un débours important... sans dommage de guerre.

Le Stade Lambert Fourir

En 1947, on plaça le fronton au-dessus de la grande barrière, et le stade fut dénommé «Stade Lambert FOURIR».
En 1948, le club voulait fêter son 50ème anniversaire...mais, avec quel argent? Monsieur GRAFF céda la trésorerie à un autre grand du matricule 9 : Monsieur Joseph DEFAUWES.
Il reprit la trésorerie à «moins zéro». II fut un grand argentier extraordinaire. Jamais plus nos finances n'allaient être déficitaires. La balustrade en bois fut bientôt remplacée par des tubes en fer tandis que l'on construisit illico une clôture en plaques de béton le long du chemin de la plaine de jeux (1949).
L'année suivante vit le raccordement de nos vestiaires à la conduite de LA GILEPPE... Jusqu'alors, une pompe aspirait de l'eau d'un puits situé sous la cabine des visiteurs.
Revenons un peu en arrière. En 1948, le 50ème anniversaire nous vit affronter, à DOLHAIN, le vieux LEOPOLD CLUB de BRUXELLES, pionnier du football en Belgique, club resté «amateur» par véritable vocation, par choix délibéré.
A l'époque, le président de la Coopérative était Georges DESPA, le président du Club était Léon LESSENT. Il avait succédé, en 1939, à Ivan JANCLAES, président de 37 à 39. Lambert FOURIR était secrétaire (inamovible) en même temps que membre du Comité d'Appel de l'UNION BELGE. A la trésorerie, nous avions Joseph DEFAUWES, tandis qu'Antoine BASTIN, revenu d'Allemagne, mettait ses mains magiques au service des bleu et noir. Quelle belle brochette de dirigeants. Qu'il est bon de les rappeler!
Rayon joueurs, Georges CARNOL avait 18 ans... Avec Lucien ORBAN, il formait un duo de tireurs d'élite. Georges allait voir sa carrière, tellement prometteuse, stoppée à RAEREN. Opéré, il rendrait encore bien des services bien qu'ayant subi un handicap renouvelé dans un match contre STOCKAY (même genou).

L'Aller-Retour

En 1949, DOLHAIN avait remporté un championnat de seconde provinciale. En finale, contre GLONS, à CHAUDFONTAINE, notre équipe remportait le championnat des secondes en écrasant GLONS (6-2). C'était le premier match du jeune Henri JANCLAES, fils de l'ex-président Ivan... Encore un espoir qui, lors du tout premier match de la saison suivante, à STOCKAY, trop rude adversaire, fut victime d'une fracture du pied. Cette saison avait mal commencé. Elle ne fut pas heureuse. Ce fut le retour en seconde, mais pour une saison seulement, car, en 1951, au terrain du SKILL, un test-match contre le CS WELKENRAEDT se terminait par une belle victoire des bleu et noir (4-0) avec un centre-avant en verve (René GRANDJEAN) et un stopper intraitable (Hubert CUSTERS).
La tactique avait évolué. Désormais, le système en WM s'était généralisé (1-3-4-3) et les scores n'étaient plus aussi importants. Le 4 intermédiaire, disposé en carré, était très recherché.
Mais la première provinciale se révélait un peu trop exigeante, et nous allions jouer à l'ascenseur jusqu'à la belle saison 57/58.

Dolhain - l'équipe type de 1ère Provinciale

Ce championnat (60ème année de vie) nous vit triompher sur toute la ligne.
Ayant terminé premiers de notre série, nous vécûmes un terrible tour final. Il débuta par une victoire contre CHENEE, invaincu durant la saison (2-1) et se termina sur notre terrain par un match nul contre BLEGNY, adversaire redoutable et trop rugueux. Nico SCHYNS, blessé à BLEGNY s'en souvient très bien. Notre équipe était emmenée par Sylvain JACQUET... qui entraîna les bleu et noir durant neuf saisons, en parfait bénévole. Quel sportif que ce Sylvain, talentueux autant que désintéressé.
Pour fêter nos soixante ans d'âge, ce succès venait à point et fut notre plus belle fleur de l'année.
Sur le terrain, nous avons invité la réserve du STANDARD, emmenée par BONGA-BONGA. Le coup d'envoi fut donné par Monsieur HURDEBISE, dernier survivant de la première équipe (1898). Les rouches nous battirent par un score trop sévère (6-0) mais la fête qui suivit n'en fut pas moins joyeuse. De nombreuses personnalités politiques et sportives, de nombreux représentants des sociétés locales s'associèrent à la joie du jubilaire.
Le 1er juin, une manifestation sympathique se déroula au terrain: Marcel DESCAMPS, notre talentueux gaucher fut fêté pour 500 matches en équipe première et Sylvain JACQUET reçut également un cadeau souvenir.
Quelle belle saison... Elle marqua notre retour en 1ère provinciale pour une très longue période, soit une vingtaine d'années, avec une «sortie» d'un an (67/68) en promotion. Nous étions, réellement l'équipe type de 1ère.
Dans le monde du football, les années 55/60 marquèrent le début, ou plutôt la fulgurante progression des «transferts». L'exécrable faim de l'or, dénoncée déjà par les Romains (AURI SACRA FAMES) s'infiltra à tous les niveaux, descendant du sommet de l'arbre jusque dans ses racines. Bien qu'il fût dénoncé par quelques défenseurs du sport pur, ce mal n'a pu être enrayé, depuis... Désormais, rares sont devenus les bénévoles.
A cette époque aussi la télévision s'installe dans les foyers, retenant les gens à la maison, décimant (entre autres raisons) les rangs des dirigeants devenus, progressivement, denrée rare. Dame, ne sont-ils pas les seuls, désormais, à se dévouer tout à fait gratuitement... Mieux, en y allant largement de leurs deniers.
La première saison en 1ère provinciale après cette belle année, fut sans fait marquant, ainsi que les suivantes. Nous figurions régulièrement dans la première moitié du classement, jusqu'à cette merveilleuse année 66/67.
Mais certains événements importants jalonnèrent tout de même cette période. Ainsi en 1961 …

Lambert Fourir

En 1961, Lambert FOURIR est secrétaire depuis 50 ans. Il avait 21 ans lorsqu'il devint secrétaire adjoint. Il fut toujours enthousiaste et passionné. Au fil des années, dans la joie et la douleur, le succès et l'échec, il est resté attaché à ses couleurs, à ce sport devenu progressivement le plus pratiqué dans notre pays, dans notre cité. Durant des années, il assista à tous les matches de notre équipe fanion, et la position de son chapeau était révélatrice du score...au point d'être devenue légendaire. Mais il était tellement nerveux, se crispait à un tel point qu'il risquait d'en souffrir dans sa santé. Dans les dernières années, il n'assistait plus aux rencontres, mais, dès 16h20, il était «devant» sa porte, attendant le passage des spectateurs du match... Il s'informait aussi tôt... Connaisseur, intègre, homme d'une confiance absolue, il fut appelé à faire partie du Comité d'Appel... Fêté comme il se doit, congratulé, fleuri, il ne pouvait cacher son émotion, déclarant tout simplement: «Tout ce que j'ai fait, c'est par amour du football, mon seul passe-temps, pour DOLHAIN F.C. que je désirais voir toujours plus florissant. J'ai pu le faire grâce à vous tous mais aussi à cause de la grande compréhension de mon épouse. Je l'ai souvent sacrifiée au football et toujours elle s'est inclinée».

Une nouvelle buvette

Le 22 août 1962 eut lieu le vernissage de la nouvelle buvette, élément indispensable à notre équilibre financier. Pour la construire, on fut obligé de raccourcir le terrain de 1,80 m. Toutes les lignes durent être revues; ainsi notre terrain A compte toujours plus de 106 m de longueur, ce qui est au-dessus de la moyenne. Le chauffage central était déjà installé dans les vestiaires et des douches nous furent pratiquement offertes par des sympathisants et amis dévoués... Ainsi les conditions de «confort» des joueurs étaient-elles assurées.
Début 1963, le R. DOLHAIN F.C. subit une lourde perte lorsque décéda son secrétaire honoraire, Monsieur Lambert FOURIR. Le fronton rappelait son nom à tous les passants, à tous les visiteurs. Ce fut un merveilleux ensemble de fidélité à ses couleurs. Son fils le perpétue de manière admirable et ses filles ont hérité de son attachement au vieux matricule 9.

Joseph Fluhr

En mars 1963, notre club fut encore honoré dans l'un de ses membres, un gentleman du sport: Monsieur Joseph FLUHR, qui gardait encore, à 65 ans, les filets du C.S. LAINIER. Il disputa plus de 880 matches, à DOLHAIN, à VERVIERS, puis encore à DOLHAIN et enfin en championnats corporatifs.
Il s'occupa de DOLHAIN VELO, fut dirigeant dans notre club et n'encourut jamais la moindre suspension... Le COMITE DES XV, à BRUXELLES, lui décerna le prix de l'Effort Sportif, cent fois mérité.
En 1966, pour la saison 65/66, nos jeunes se distinguèrent pour leur fair-play général, ce qui nous valut d'obtenir le CHALLENGE KEYEUX, remis à notre secrétaire, Henri WILDEMEERSCH, par le Président de l'Entente, le regretté Jean THOMSON (1ers en Juniors, 2èmes en Cadets - 1ers au classement général des trois catégories).

66-67 - une saison inoubliable

Vint la saison 66/67! Inoubliable.
Elle avait été bien préparée, mais débuta pourtant assez mal. Durant neuf saisons, Sylvain JACQUET avait habitué nos joueurs à pratiquer un football plaisant, et, la saison précédente, Robert MARTIN s'était attaché à améliorer leur condition physique. Las, après 4 matches, nous détenions la lanterne rouge, avec deux petits points. Le 5ème dimanche, nous allions à SPA, autres bleu et noir. L'équipe de SPA avait été pronostiquée comme montante, après une belle aventure en Coupe de Belgique dont elle avait été éliminée par d'autres bleu et boir, combien plus prestigieux (F.C. BRUGEOIS). Nous l'avons emporté par 0-1 et ce fut le premier jalon pour la promotion alors que la défaite de SPA fut l'annonce de sa relégation en seconde provinciale... Comme quoi les résultats d'avant saison n'ont pas grande valeur!
Il faut avouer que nous eûmes, cette année-là, le brin de chance nécessaire, en réussissant notamment un but, contre VISE, à DOLHAIN, après l'expiration du terme, et à la suite d'une «incorrection» d'un joueur adverse près de son «carré». Coup franc indirect... Goal.
Que de matches vécus intensément cette saison. Vint l'avant-dernier, où une victoire nous assurait le titre. C'était contre WANDRE UNION à Dolhain. Ce fut 3-1, dans l'euphorie que l'on devine. Nous retrouvions la PROMOTION après 43 ans. C'était le fruit d'un long effort.
Durant des années, avec un dévouement merveilleux, Guillaume MOMMER et Joseph PROPS avaient appris à nos jeunes à «jouer au football», et le résultat en avait été, notamment, une bonne équipe de «juniors provinciaux». Sylvain JACQUET, prônant le même football que nos deux entraîneurs de jeunes avait porté dans la province la renommée de DOLHAIN, celle d'une école au jeu élégant, raffiné, spectaculaire. Jean PETERS avait habilement tiré profit de ce travail de longue haleine, car nous montions...avec toute une équipe de dolhaintois.
Robert FOGUENNE était le meneur de jeu et le meilleur buteur de notre vaillante équipe 1
Quelle belle fête, émotionnante et colorée. A la sortie du terrain, et pour la première fois dans l'histoire de nos deux fanfares, les musiciens de ces deux harmonies se mélangeaient, et ceci allait augurer de leur fusion. Les fions-fions joyeux accompagnaient joueurs, dirigeants et sympathisants tout au long d'une avenue DAVID en fête.
Le dernier match à MELEN n'est à retenir que par l'exposition des parapluies et des écharpes aux couleurs aimées. Décontractés, mais fatigués et repus, les nôtres subirent une légère défaite, sans conséquence aucune...
L'équipe première fut donc reçue à l'Administration Communale en grande pompe. Une messe d'action de grâces fut célébrée, suivie d'une visite au cimetière, sur la tombe de Lambert FOURIR, pour lui rendre un hommage posthume. Bref, la fête fut formidable et toutes les sociétés locales s'associèrent à notre joie, notamment lors du bal de montée joué par les DELYS.

67/68 : Cette année passée en promotion D nous amena des confrontations merveilleuses contre EUPEN, qui nous battit deux fois d'extrême justesse avant d'être champion, contre le C.S. TONGRES auquel, en souvenir probablement de 1934, nous empilâmes deux fois 5 buts, contre le Patria de TONGRES chez qui nous encaissâmes 5 buts en 17 minutes avant de sauver l'honneur, contre HERVE, LA CALAMINE, HERSTAL, MOMALLE, les deux DESSEL, LOMMEL, HELZOLD, ALKEN, HALEN, FERRIERES, HUY.
Nous allions connaître une malchance insigne en perdant très tôt Jacques GREGOIRE et André THEEK, victimes de fractures, alors que nous avions joué la saison précédente avec un effectif constant. Nous avons pu constater que le jeu était plus rigoureux en promotion, toutes les attaques étant durement contrées avant le rectangle. Nous avons (déjà) pu mesurer certaines manifestations de flamingantisme. Nous avons aussi pu admirer les pelouses du LIMBOURG et appris le soutien considérable des autorités communales à la plupart des clubs. Bref, en regagnant la première provinciale avec deux autres liégeois (LA CALAMINE et HUY), nous avons gardé d'excellents souvenirs de ce bref séjour en division supérieure. Ce fut une belle aventure, que l'on voudrait revivre.
Quatre phares de fortune avaient été bricolés en 1953 pour permettre les entraînements sur une moitié du terrain. Mais, à partir de 1966, on imagina d'éclairer totalement le ground. Plusieurs membres du Comité, et notamment Nico SCHYNS, s'en occupèrent, si bien que, fin 1968, on put inaugurer cet éclairage; une cérémonie sympathique eut lieu à la buvette; Nico SCHYNS et Robert ROEMERS furent félicités et reçurent un petit cadeau, tandis que leurs épouses étaient fleuries; le président avait naturellement mis l'accent sur le travail d'une équipe et l'esprit de compréhension de la Coopérative, présidée, alors, par Monsieur Emile WINNERS. Un match suivit, opposant nos joueurs à ceux de l'A.S. EUPEN. Les« noirs et blancs» l'emportèrent par 2-0 après un match plaisant. Des essais avaient été tentés dans les deux camps, ce qui fait toujours plaisir dans les rencontres amicales.

Le Skill trébuche

Si notre retour en 1ère provinciale ne donna lieu à aucune sensation durant la saison 1968/69, elle nous permit cependant de décrocher le challenge JOUR-VICTOIRES pour avoir aligné quatre victoires consécutives. Notre capitaine, Joseph HURARD, le reçut des mains de Louis BREDA.
Durant la saison 69/70, 1200 spectateurs assistaient au match DOLHAIN - SRU, début novembre. Le SKILL était invaincu... Notre équipe, survoltées, emmenée par un Robert FOGUENNE souverain, fit subir à l'adversaire sa première défaite de la saison.

Record d'Assistance

Cette saison se termina dans le peloton de tête, alors que l'année 1970/71 nous amena un match mémorable.
Alors qu'il restait quelques matches à jouer, nous devions rendre visite à VISE, le leader invaincu. Voulant jouer notre chance à fond, car il restait une chance de rejoindre le deuxième, le Comité décida une prime exceptionnelle en cas de victoire. Pour une fois, elle s'avéra bénéfique, car VISE fut nettement battu 0-3, et le sort fit en sorte que le dernier match nous opposa, chez nous, à MALMEDY, qui nous précédait d'un seul petit point à la 2ème place. VISE, 1er, était inaccessible. Nous pouvions sauter MALMEDY pour la 2ème place montante. Le 9 mai 1971, plus de trois mille spectateurs ceinturaient notre terrain. Il faisait un temps superbe. La rencontre fut épique et jouée à un rythme élevé. DOLHAIN se devait de faire le jeu. Il le fit, dominant nettement les débats en seconde période. A 10 minutes de la fin, les deux équipes se trouvaient toujours à égalité: 0-0. Nous obtenions alors un pénalty indiscutable. Chacun retenait son souffle. Francis ROBERT manqua son envoi. Rageurs, nos joueurs continuèrent à attaquer. Las, 5 minutes plus tard, sur un contre, un avant malmédien se présentait seul devant notre keeper, qui n'avait d'autres ressources que de l'accrocher, MALMEDY convertissait son pénalty. Le beau rêve était terminé.
La saison 71/72 fut moyenne, sans émotion, mais elle nous apporta, fin de saison, une belle satisfaction avec la victoire de nos CADETS dans leur série. Nous avions déjà des juniors en provinciaux. Nous comptions maintenant des cadets au même échelon. Nos petits champions furent reçus à l'administration communale et l'échevin Jean MOBERS y alla de chaleureuses félicitations à l'équipe et à ses deux responsables: Joseph PROPS et Robert FOGUENNE. Il souhaita à nos champions un long séjour en «provinciaux».

Lozzano à Dolhain

Nous avions donc une excellente équipe de juniors. Elle démontra sa valeur lors de son tournoi annuel. LEEDS, ROUBAIX et BEERSCHOT y participèrent. LEEDS emporta la finale en battant ROUBAIX, tandis que DOLHAIN se consolait de belle façon en venant à bout du BEERSCHOT (1-0) où évoluait, encore scolaire, le talentueux Jean LOZZANO.

Encore une affaire de Pénalty

Durant la saison 72/73, nous avons, un moment, cru à un exploit pour marquer notre 75ème année de vie. Ce fut une affaire... de pénalty. En effet, à quelques journées de la fin, et alors que nous étions bien placés, nous recevions un concurrent direct: BAS-OHA. A un quart d'heure de la fin le score était toujours nul, et l'arbitre nous accorda un pénalty. Il fut à nouveau fait confiance à Francis ROBERT, qui ne put conclure. Suprême déconvenue, à la dernière minute, notre vaillant capitaine, Jacky CONRADT... loba notre gardien, l'excellent VAN DE SANDE... et nous devions boire le calice jusqu'à la lie: 0-1.
Nous avons bien terminé ce championnat, au cours duquel nous avons tout de même décroché à nouveau le challenge JOUR-VICTOIRES pour 6 succès consécutifs.

Trois-quart de siècle

Ce fut notre 75ème anniversaire. Un comité spécial fut formé pour organiser les manifestations célébrant nos 3/4 de siècle d'existence. Il était composé de Servais PLEUMEEKERS (président), Léon DEJARDIN (vice-président), Jean-Marie MASSENAUX (secrétaire), Jacques SERVAIS (trésorier), etc...
Ce comité très dynamique a mis sur pieds une course de GO-KART, sur un circuit de 600 m empruntant les rues GUINOTTE et BRULL... Ce fut une parfaite réussite et le public était très nombreux. Ensuite, au CASINO, un concert de musique donna l'occasion d'entendre des œuvres de STRAUSS, OFFENBACH, LEHAR, SUPPE, FUCIK, interprétées par le talentueux orchestre NOVA. C'était merveilleux, mais les sportifs ne répondirent pas en assez grand nombre à l'appel des organisateurs.
Du point de vue sportif, les deux matches «phares» du 75ème se déroulèrent au terrain le 18 août 1973. DOLHAIN échoua contre VISE (2-3), tandis que l'A.S. EUPEN et l'OLYMPIC de CHARLEROI ne pouvaient se départager (1-1).
Le tournoi des JUNIORS du 75ème fut remporté par l'A.S. EUPEN, qui, en finale, s'imposa aux nôtres par 2 buts à 1.
Le 9 juin 1973, le R. DOLHAIN F.C. fut reçu à l'Administration Communale, et l'Echevin Jean MOBERS retraça brièvement son histoire. Il souhaita au club jubilaire de poursuivre son œuvre de développement de la jeunesse, et forma les vœux pour ses succès futurs.
Durant ce week-end du 9 au 11 juin, nous avons invité l'U.S. TOURCOING, qui fêtait, elle aussi, ses 75 ans. Le dimanche matin, une belle messe est célébrée, tandis que l'après-midi à la BEVERIE est très attachant; il débute par un concours de «jeunes footballeurs». Nous rencontrons l'A.S. TOURCOING. Les FANFARES REUNIES participent à la fête et un bal, animé par les DELYS clôture le week-end.

Jetons un coup d'œil sur les conditions de vie de notre club et sur son environnement.
En quelques années, la tactique a évolué. Le carré magique est progressivement abandonné au profit d'une disposition en 1-4-3-3. En fait, beaucoup d'entraîneurs optent pour le gain du match «en recevant un goal de moins que l'adversaire». Le spectateur est déçu. Les ballons deviennent de plus en plus souples, les souliers de plus en plus légers, et fragiles. Bien souvent, ils ne tiennent pas la saison. Les pelouses sont soignées. Les terrains d'entraînement sont éclairés. Les équipements sont chatoyants et entretenus par la société. Bref, et très heureusement pour le joueur, les conditions de jeu s'améliorent, tandis que tous les vestiaires ont partout des douches et de l'eau chaude... Où sont les bassins et l'eau de pluie d'antan?
Pour notre club, la concurrence est forte. Aux environs, les clubs fleurissent et se développent: Goé, Jalhay, Baelen, Elsaute... sans compter les clubs amateurs et espagnols... qui racolent tous les «mécontents» ;
Dans le même temps, la natalité diminue chez nous et le recrutement est difficile, car d'autres disciplines sportives convoitent et séduisent nos jeunes garçons.
Contre vents et marées, la société continue à vivre. Mais le maintien en première provinciale est compromis.

Il nous manque 1 point

La saison 1973/74 se passe sans trop de problèmes, mais, la saison suivante, les clubs «promotionnaires» liégeois sont nombreux à «descendre» et, avec 28 points, DOLHAIN est le 5ème descendant. Il laisse 4 clubs derrière lui, et est barré au nombre de victoires. Il eut suffi d'un point de plus!
Pour la saison 75/76, Robert FOGUENNE est entraîneur et nous réalisons une bonne saison, bien que manquant de «perçant en attaque». THEUX monte, après que nous ayons obtenu le nul chez eux... le jour du Carnaval. Nos vieux rivaux avaient refusé d'avancer le match au samedi!

Nous retrouvons la Première

L'entre saison est mise à profit pour acquérir Alphonse DACCUS, et ceci se révèle payant, car nous survolons le championnat 76/77, grâce, notamment à son jeu de tête exceptionnel. Signalons que, cette année-là, GOE joue en seconde et nos sympathiques voisins, lors de leur visite à DOLHAIN, nous ont valu une plantureuse «entrée» de plus de 700 spectateurs, davantage encore que nos réputés voisins du C.S. VERVIERS la saison suivante (en 77/78).
Le 7 mai 1977, nous étions reçu à l'Administration Communale, et le docteur MERVEILLE nous félicita chaleureusement. Il nous annonça que le Collège Echevinal avait décidé de mettre à notre disposition les vestiaires de la plaine, pour le terrain B, nous prêté gracieusement depuis quelques années déjà.
Quelques jours plus tard, nos vétérans nous faisaient l'heureuse surprise de devenir champions provinciaux. Champions de leur série, ils avaient disputé un tour final. Au stade ultime de celui-ci, ils avaient battu BLEGNY, à Herve, devenant du même coup la «meilleure équipe de vétérans de la province».
C'est ainsi que, eux aussi, eurent l'honneur d'être accueillis à la Maison Communale le vendredi 24 juin, dans la soirée. L'ambiance, comme toujours chez les vétérans, était excellente et la soirée se termina très tard, au local. Ce fut une année faste.
La saison 1977/78 se déroula de manière satisfaisante. Le C.S. VERVIERS était venu nous retrouver en 1ère provinciale. Lors de sa visite, nous l'avons emporté par 2 buts à 1. En effet, dès la 3ème minute, notre COEN bondissant avait défloré la marque, à la grande stupéfaction des arrières verviétois. Au panorama, nous avons réussi le match nul.
Les saisons 78/79 et 79/80 se déroulèrent sans trop de problèmes pour notre équipe première, mais, au niveau du club, je dois rappeler deux événements très importants, car ils sont des manifestations d'estime et de reconnaissance pour deux grands serviteurs du matricule 9…

Joseph Defauwes

En 1979, le club fêta son inestimable trésorier, Monsieur Joseph DEFAUWES. Son épouse, discrète et dévouée, assistait à la cérémonie, et toutes les forces vives de la société étaient là, car, nul, plus que le héros de cette journée, ne mérita l'estime générale des bleu et noir. Je suis, pour Monsieur DEFAUWES un ami qui l'admire et j'ai l'honneur de bénéficier également de son amitié. Forçant sa modestie, c'est donc avec émotion que j'ai retracé sa vie au sein de la société, évoqué son amour de nos couleurs. Intègre, clairvoyant, toujours d'une exactitude légendaire, ce pilier du club méritait plus que quiconque d'être mis à l'honneur. Merci madame, merci, cher ami du vieux numéro 9.
Dans l'avant saison 1980/81, notre équipe se distingua en COUPE DE BELGIQUE. Elle battit successivement LOYERS, FERRIERES et HEMPTINNE, ce qui lui valut l'honneur d'accueillir, le 24 août 1980, l'équipe première de l'UNION St GILLOISE. Plus de 600 spectateurs assistèrent à une très jolie rencontre et le score final (0-3) fut forcé même si la victoire du matricule 10 fut indiscutable.

Antoine Bastin

Quelques jours plus tard, le mercredi 3 septembre, nous eûmes au terrain ce que la presse appela «une fête merveilleuse pour un homme exceptionnel» : Antoine BASTIN.
Pendant 40 ans, ce «soigneur» aux mains magiques prêta gracieusement son concours à notre équipe première. Certains joueurs se plaignaient parfois d'un bobo imaginé pour avoir le plaisir d'être massé par lui. Avant le match qui devait nous opposer au C.S. VERVIERS, j'eus l'honneur de parler de lui «en connaissance de cause». Notre bourgmestre, André CHARPENTIER, ainsi que le président de la FNAPG, Henri FISCHER, et bien d'autres personnalités, étaient de la fête. Antoine BASTIN, ancien prisonnier de guerre, ainsi que son épouse, furent dignement fêtés... non sans avoir manifesté beaucoup d'émotion.
Vint le match. Notre équipe était en pleine forme... JOB et TROUPIN firent 2-0 avant que BONE ne ramena à 2-1, dans une rencontre qui figure parmi les meilleures livrées par notre équipe au cours des dix dernières années.
Cette saison, bien commencée, se déroula sans grands problèmes.

Bas-Oha nous entraîne dans sa chute

La saison 81/82, par contre, se termina malencontreusement. Nous avons lutté jusqu«'après» le championnat, puisque nous le terminions à égalité avec ROMSEE. Nous avons donc disputé un test-match contre cette équipe, à HERVE et Freddy BOLMAIN inscrivit le seul but de la partie: 1-0. Cette victoire nous aurait sauvé, si BAS-OHA échappait à la descente. Le sort de BAS-OHA dépendait d'un certain match CINEY-CONDRUZIENNE... CINEY, beaucoup plus fort, renonça à la victoire dix minutes avant la fin du match, pour maintenir avec lui une équipe «namuroise», puisqu'aussi bien DIEGEM, son concurrent pour la montée, menait 0-4 à DINANT.
Magouille? BAS-OHA descendait, et nous devions lui faire place en 1ère provinciale.

Avec la F.N.A.P.G.

En 1985, c'était le 40ème anniversaire de la LIBERATION DES CAMPS de prisonniers. Ce fut l'occasion d'organiser, avec la F.N.A.P.G., une magnifique journée, début août. Ce fut une réussite complète. Henri FISCHER et ses comités (jumelage et anciens prisonniers) firent merveille, et deux matches se déroulèrent à la BEVERIE. DOLHAIN - GRAND-CHARMONT vit une large victoire dolhaintoise, dans l'amitié et la bonne humeur, tandis que la rencontre EUPEN - SOCHAUX se termina par un partage (3-3). Nous avions vu à l'œuvre deux belles équipes et SOCHAUX alignait d'ailleurs plusieurs joueurs professionnels affichant une technique spectaculaire.
Ce tournoi de début août fut et sera continué sous l'étiquette «Tournoi Joseph DEFAUWES» (juniors). Hommage, apprécié par tous, à la perle des trésoriers.

Comment sortir de la seconde?

Revenons à l'équipe 1. Lors de la saison 86/87, nous avons échoué derrière ELSAUTE après un sprint trop tardif: six victoires dans les six dernières rencontres, avec un average de 12 - 1.
La saison suivante, nous avions fermement l'intention de fêter le 90ème par un retour en 1ère... Pour ce faire, nous avons engagé le meilleur entraîneur de la région, un garçon issu de chez nous, Joseph HURARD. Il a démontré ses qualités dans toute la région. Nous avons acquis, à sa discrétion, une série de bons joueurs. Nous étions les favoris de la compétition, et nous avons payé durement ce pronostic. «Attendus» partout, nous avons connu une «poisse» insigne, tenace, et avons cependant démontré, à l'occasion, que nous valions (au moins) les meilleurs. Hélas, un amalgame de très bons joueurs ne forme pas nécessairement une «équipe».

Considérations générales

Dolhain a formé et formera encore d'excellents joueurs. De nombreux garçons de chez nous essaimèrent, renforçant des équipes de divisions supérieures : Marcel PARENT, Joseph GOFFINET, Jean KUPPER, Franz CARLIER (qui fut international), Joseph FLUHR, Roger BURGERS, Nicolas SCHYNS, Robert FOGUENNE, René WINBOMONT, Ghislain THOMANNE, Jos. DETHIER et d'autres, firent les beaux jours de clubs concurrents ou de divisions inférieures... sans compter les «espoirs» militant dans nos équipes d'âge.

Dans ce court mémoire évoquant les principaux événements de la vie du R.D.F.C., beaucoup ont été cités, sans choix préalable, au hasard des dites évocations, beaucoup d'autres figurent sur quelques photos-souvenirs, beaucoup ne retrouveront pas leurs noms. Qu'ils soient persuadés qu'ils ne sont pas oubliés, et qu'ils soient remerciés pour leur apport à la survie du vieux club qu'ils ont servi, peu ou prou.

Nouvelles structures

La construction du CENTRE SPORTIF a ouvert la voie à d'autres disciplines sportives, et c'est heureux, car notre jeunesse n'aura jamais trop de possibilités de se «défouler» sainement.
L'enthousiasme et la force de cette magnifique jeunesse doivent être canalisés... et le sport, surtout le sport amateur, surtout le sport d'équipe - comme le football - doit être offert le plus largement possible à cette jeunesse avide d'un avenir heureux.

Le R. DOLHAIN F.C. est fier de son âge, de son passé, du sport qu'il offre. Il est de loin la société comptant le plus d'athlètes. Le football reste le «sport-roi». Nous alignons neuf équipes et comptons environ 200 affiliés.
Chacun ayant le droit de défendre son sport favori, j'affirme que le football est un jeu d'équipe, avec une destination sociale évidente. Sport exigeant, il développe des vertus de solidarité, de courtoisie, de fair-play bénéfiques. Il m'a donné beaucoup.

Personnellement, je lui suis redevable d'immenses satisfactions, après un bon demi-siècle de participation aux activités de notre société. Mon amour pour le matricule 9 est indéfectible. J'oublie tous les revers, balaie les susceptibilités et reste l'ami de tous, dirigeants et joueurs.

Ami, qui nous a lu, ne serais-tu pas heureux de faire partie de la grande famille des bleu et noir?
Alors, sois le bienvenu. Merci d'avoir été, d'être...ou de devenir des nôtres.

 

... écrit par R.Carnol, président du R. Dolhain F.C. (1953-1988)